Le Paludisme en Côte d'Ivoire

En Côte d’Ivoire, tout individu est exposé au risque de paludisme. Mais les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes payent un lourd tribut à cette endémie.
Selon les données épidémiologiques, le paludisme sévit essentiellement sous deux formes cliniques :

  1. le paludisme simple est la forme la plus fréquente aussi bien chez l’enfant que l’adulte 
  2. le paludisme grave à Plasmodium falciparum est nettement plus observé parmi les sujets vulnérables (enfants, femmes enceintes, immunodéprimés, sujets neufs) avec une fréquence d’environ 7 à 10% et une létalité variant entre 10 et 20%.

Entre ces deux principales formes, des études hospitalières décrivent des formes chroniques dont le diagnostic repose sur les données immunologiques chez les sujets porteurs de grosse rate et d’anémie : le paludisme viscéral évolutif chez l’enfant et la splénomégalie hyperactive palustre chez l’adulte (Ouattara et al. Bull Soc Pathol Exot. 2008, 101, 4).

 Morbidité et mortalité

Le paludisme constitue un  problème  majeur de santé publique en Côte d’Ivoire. En effet, ce fléau représente la première cause de morbidité et de mortalité en Côte d’Ivoire, chez les enfants de moins de 5 ans.
L’incidence déclarée du paludisme dans la population est passé de 69,25 pour 1000 en 2006 (RASS) à 94,55 pour 1000 en 2010 (RASS) et à 114, 86 pour 1000 en 2011 (Annuaire statistique). Cette croissance de l’incidence sur la période serait en rapport avec l’amélioration progressive du système de collecte de données et de l’accessibilité aux soins.

 

Source : RASS / DIPE

Figure 1: Evolution de l’incidence du paludisme dans la population de 2006 à 2011

Par ailleurs, l’analyse situationnelle a relevé une morbidité hospitalière proportionnelle du paludisme à 50% en 2008 et à 43% en 2010

 
Source : RASS / DIPE

Figure 2: Evolution du nombre de décès dus au paludisme tous âges, chez les moins de 5 ans et chez  la femme enceinte de 2007 à 2009 en milieu hospitalier

Ces résultats sont issus d’un système d’information qui d’après une évaluation réalisée en 2008 avait une exactitude des données à 60%. Il faut aussi noter que les directives de confirmation systématique des cas de paludisme n’étaient pas encore véritablement mises en œuvre.
Le logiciel utilisé pour l’élaboration des cartes est Arc view. Les cartes réalisées à partir des données de morbidité ont été mise  à jour pour la dernière fois, en août 2011.

 Stratification du paludisme et cartographie

Le paludisme est de transmission stable sur l’ensemble du pays avec des pics lors des saisons de pluies.

La dynamique de la transmission varie suivant les zones climatiques majeures :

  1. La zone du Sud : région forestière avec une pluviométrie abondante (jusqu’à 1800 mm), où la transmission du paludisme ne se fait que dans les clairières. Toutefois, avec la déforestation largement avancée, les zones de transmission sont de plus en plus importantes, et elle dure quasiment toute l’année ;
  2. La zone du Nord : zone de savanes boisées ou secteurs Sub-soudanais et soudanais. La transmission est permanente avec un recrudescence pendant les saisons de pluies qui dure 6 à 8 mois;
  3. La zone de transition au centre, correspondant à la zone pré-forestière. La durée de la transmission est comparable à celle de la zone forestière. On observe également des variations en fonction du faciès écologique rizicole ou non rizicole.

Figure 3: Incidence du Paludisme dans la population générale, de 2007 à 2009